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Gigawing vs Gigawing 2

Et finalement, lequel des deux a le plus gros score ?

Voilà deux titres développés par Takumi et édités par Capcom. Takumi Corporation ça ne vous dit peut-être rien mais c'est tout simplement le studio qui est à l'origine de trois titres de l'arcade portés par la suite sur Dreamcast : Gigawing 1/2 et Mars Matrix ! Ce n'est pas tout car ils ont aussi sorti un shmup d'hélicoptère adapté sur Saturn, Kyuukyoku Tiger Plus II, dont vous pourrez contempler une vidéo de gameplay sur notre bien aimé partenaire Satakore.
Faire un comparatif de deux jeux particulièrement populaires au sein des amateurs de Dreamcast peut paraître osé. Beaucoup diront que, logiquement, le deuxième est le meilleur. Et pourtant à la vue des deux challengers on remarque quelques différences qui feront pencher la balance pour l'un ou pour l'autre suivant le type de shmup que vous affectionnez.
Un test complet de Gigawing 1 et de Gigawing 2, écrits par Spacewolf, sont disponibles sur le site et je vous y renvoie si vous voulez en savoir plus sur le système de jeu. Bien sûr je serai obligé de faire des rappels mais le but de ce comparatif sera plutôt de donner mes impressions sur le gameplay et de confronter ses deux jeux pour décider du meilleur ou plutôt de celui qui pourrait vous intéresser.


Come on ! Come on ! C.c.c.c.come on ! (les qualités)

Gigawing : J'ai mis du temps avant de mettre la main sur ce soft parce qu'il ne répond pas à l'appel des perles de la Dreamcast dans le genre et mes priorités étaient ailleurs. Mais en regardant quelques vidéo de gameplay il m'a séduit pour une bonne raison, il n'a rien à faire sur cette console ! Et oui, Spacewolf l'a bien dit dans son test, il pourrait très bien tourné sur Saturn. Je ne dénigre pas cette console mythique, c'est un simple constat et pour être plus juste je dirai qu'il y a même beaucoup mieux sur la 32 bits de SEGA !
Mais alors pourquoi le rapprocher des jeux de la console précédente ? Et bien, il est entièrement en 2D, une 2D assez simple sans artifices qui est plus proche de nombreuses autres productions en la matière sur cette console. Ce qui était un point faible à sa sortie sur la console blanche de SEGA sensée représenter le top de la technique de l'époque, en fait aujourd'hui un titre à part qui peut charmer ceux qui ont tout vu, tout fait sur Dreamcast. En tout cas j'aime assez le rendu que je trouve réussi, même s'il n'est pas au top.
Autre point en faveur du premier épisode, son chara-design. J'aime beaucoup l'aspect des personnages lors de l'écran de sélection. Les dessins ont été réalisés par une artiste peu connue, Kei Toume, qui a fait du bon boulot. Le style est classique, efficace et ne tombe pas dans les stéréotypes habituels du chara-design japonais (pas celui de la fin des années 90 en tout cas).
Toujours en parlant des personnages mais dans un autre domaine, les dialogues entre/pendant les niveaux (un peu comme dans les productions Psikyo comme Sengoku Ace ou Gunbird) apportent un tout petit peu de profondeur au scénario et donnent un côté attachant aux héros : Shinnousuke le garçon au tempérament de feu, Ruby la femme guerrière, Stuck le vieux dandy et Aisha la nône. Ce qui me plaît bien c'est l'absence de personnage excessivement froid (Rei Ayanami ?), inexpressif et autiste comme dans beaucoup de productions japonaises. Ici même la nône, qui pourtant utilise une super attaque de glace, n'est pas froide au-delà du raisonnable. Note spéciale au surexcité qu'est Shinnousuke qui reste mon personnage préféré.
Parlons un peu plus du jeu en lui-même : la particularité des Gigawing est le score. Dans un premier temps vous récupérerez des médailles en descendant des ennemis. Ces médailles feront grimper un multiplicateur qui servira à "amplifier" votre score dans des proportions exponentielles mais chaque fois que vous utiliserez un continue ce multiplicateur reviendra à 1.
Les plus doués bénirons la sauvegarde des records (contrairement aux productions Milestone) car noter son score sur un bout de papier sans une erreur serait presque un jeu dans le jeu ! Oubliez millions et autres milliards, c'est dépassé ! Ici on compte en billion et en billiard ma bonne dame !


Gigawing 2 : Là on change de domaine avec une nouvelle version clairement supérieure à la première. Les graphismes, le gameplay, la musique tout a été amélioré ou presque. Plus d'avions, plus d'effets de lumière, plus d'explosions, on a ici la même différence qu'il peut y avoir entre Star Wars épisode 4 et l'épisode 3 de la saga, l'écart des années en moins.
Le style graphique d'abord. Les décors sont totalement en 3D ce qui donne une profondeur supérieure au rendu 2D mais avec un côté plus froid, elle permet aussi des mouvements de scrolling plus variés qui joue sur la profondeur et permet une animation fluide des éléments du décor, y compris les gigantesques vaisseaux ennemis. Autre amélioration graphique par rapport au 1, la taille des boss. Alors que dans le premier les boss en 2D prenaient 1/4 de l'écran, dans le second le changement est flagrant. La 3D et l'impression de profondeur qu'elle génère les rendent énormes !
Attention tout de même, j'ai une petite réserve à émettre au niveau des graphismes en 3D : il y a mieux sur Dreamcast. Mais à l'époque de sa sortie le jeu était unique c'est d'ailleurs la toute première adaptation sur la 128 bits à proposer ce genre de mélange, juste avant Zero Gunner 2.
Au niveau du gameplay, j'ai eu la sensation qu'il a été revu à la hausse au niveau de la nervosité et en baisse au niveau de la difficulté. Les deux sont peut-être liés cela dit. Je m'explique : dans Gigawing 1 je me suis retrouvé souvent puni assez durement pour de petites erreurs de jeu. Les projectiles arrivent vite, le temps de réaction accordé est parfois très court, un peu à la Psykio, et le bouclier très lent. Dans Gigawing 2 on a un peu plus d'espace et les projectiles arrivent en général un peu moins vite. La jauge se remplit plus vite aussi, mais j'aborde ce point dans le partie suivante.
Passons sans transition à la musique. Ici elle est symphonique, peut-être pour appuyer encore plus le côté grandiloquent de l'action. Le choix d'une musique orchestrale peut surprendre mais il faut avouer qu'elle colle bien à l'action, à la mise en scène et au style graphique.
Quant au score, les chiffres étaient déjà astronomiques dans le "1", là ils frisent la folie !
Le billion et le billiard sont dépassés, bienvenue aux trillions et trilliards ! Sans compter qu'un nouvel élément de gameplay fait son apparition : le big-bang ! Quand le nombre de médailles à afficher est trop important une explosion a lieu est une avalanche de médailles parcourt l'écran. Attention à l'indigestion.


Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise... (les défauts)

Gigawing : je le dis tout de suite, j'aurais beaucoup de mal à parler des musiques tellement elles sont discrètes. C'est bien simple je n'en ai retenue quasiment aucune. Ceux qui ont pu y jouer auront tout de même reconnu le clin d'œil du titre de la première partie à la musique d'un des premiers stages, tout simplement risible.
Autre point en défaveur de ce premier épisode, les graphismes. Il y a "2d" et "2D". Les graphismes du premier épisode même s'ils sont honnêtes ne cassent pas des briques. Il n'y a que la sortie assez rapide du jeu (1999) pour justifier ce qui au départ aurait pu être un portage Saturn. Avec le recul cela lui donne un certain charme qui le destine aux nostalgiques réfractaires à la 3D mais là encore il ne tient pas la route face à d'autres productions comme Gunbird 2.
Ensuite (le souci/la particularité) du gameplay (rayez la mention inutile) est la jauge.
Je récapitule un peu pour que ce soit plus clair. Dans les shmups vous le savez bien, ce qui vous sauvera la mise c'est la bombe, mais l'ennui dans Gigawing c'est que des milliers de "boulettes" vont pleuvoir en continu. Heureusement une fonction spéciale est sensée vous sauver la vie : le réflecteur de boulettes. Il vous rendra invincible et renverra les projectiles à leurs envoyeurs (bien fait pour eux !). Pour limiter son emploi (mais pourquoi ?) il est lié à une jauge. Une fois le réflecteur utilisé il faudra attendre que la jauge en bas à gauche de l'écran se remplisse. Pour vous avertir que le chargement est terminé une voix résonne, un peu comme la sonnette du micro-onde qui vous dit que c'est prêt. Lors de l'activation il faudra encore attendre une seconde que le réflecteur s'active... C'est ce petit retard à l'activation qui fait tout le sel des Gigawings mais dans Gigawing 1 le déclenchement est trop lent. Un exemple : vous jouez pour la première fois, des projectiles vous arrivent dessus, vous utilisez le réflecteur et paf ! vous mourrez... et oui il faut plus d'une seconde pour que vous soyez protégé... Il faudra donc fuir le temps que le bouclier s'active. Dommage qu'on ne puisse pas profiter un peu plus de l'invincibilité que le réflecteur procure... D'un autre côté ça fera peut-être le bonheur de ceux qui veulent s'investir dans ce jeu et qui aime la difficulté bien dure et bien punitive, ceux qui appellent leur Dreamcast "maîtresse !" et se fouette avec le cordon de leur manette... mais je m'égare.
Dernier point ennuyeux, la couleur et la taille des projectiles. Difficile parfois dans le feu de l'action de distinguer certains tirs adverses qui se fondent avec vos tirs, les médailles ou le décor... Frustrant, d'autant plus qu'ils sont souvent rapides, à la différence de votre bouclier...
Enfin dernier bémol (oui je sais ça fait beaucoup) mais pas des moindres, les ralentissements en mode un joueur sont nombreux alors que c'est un problème qui était supposé avoir été amélioré lors du portage de la version arcade...


Gigawing 2 : Pas grand chose à dire sur ce deuxième volet puisqu'il corrige la plupart des défauts du premier. Notez que le problème du premier et de son réflecteur un peu lent à déclencher a été corrigé. Résultat, les tirs ennemis sont en général un peu moins rapides et le bouclier se recharge et s'active un peu plus vite, d'où un gameplay plus accessible et plus fun.
Le chara-design est l'une des rares choses qui m'ont gêné. Il est encore une fois assuré par Kei Toume mais cette fois il ne me plaît pas. Le trait est trop nerveux, trop typé "manga" donc moins original et un môme, une fille à lunette et une androïde froide font leur apparition (ouch, les poncifs reviennent !). C'est le seul point où je donne son prédécesseur gagnant, après tout reste question d'appréciation personnelle bien sûr.
Enfin un dernier détail amusant au départ mais agaçant à la longue : les voix dans les options. Chaque fois que vous bougerez le curseur pour choisir le mode de jeu ou que vous naviguerez dans les options, une voix retentit. "Options !", "Arcade !", "Gallery !"... Mais "Ta g....le !"


L'heure du bilan

Même s'il ne fait pas le poids techniquement et perd face à son successeur d'une petite longueur sur le plaisir de jeu, le premier Gigawing ne sort pas ridicule de cet affrontement. A son avantage un gameplay plus gameur avec une difficulté plus importante. En plus de cela je trouve le travail de Kei Toume sur les artworks et les personnages plus à mon goût, mais là tout est question de point de vue. Vous l'aurez deviné, même si Gigawing 2 est clairement meilleur, le premier reste mon petit chouchou grâce à son côté rétro et son prix modeste car il est disponible en version européenne. On peut donc le trouver pour pas cher en cherchant un peu sur le net.
Pour parler un peu plus objectivement, le 2 gagne sur presque tous les points. Il est plus fourni et complet que le premier, il y a plus d'avions déverrouillables et son gameplay amélioré et ses graphismes plus travaillés le rendent plus attractif. Même si la concurrence sur Dreamcast est telle que ce qui est un bon jeu se retrouve bien souvent éclipsé par les gros hits, pour le démarquer, citons quand même son mode 4 joueurs unique et jouissif si vous avez trois amis fans de shmups. Enfin, pour en revenir au comparatif, le rythme est clairement mieux maitrisé que dans le premier volet et le plaisir de jeu y est plus présent.

En conclusion si vous cherchez un shoot à l'ancienne qui vous propose un véritable challenge, pas cher et que vous ne possédez pas la Saturn je vous conseille Gigawing 1. Pour ceux qui cherchent un shmup qui proposent des sensations plus immédiates avec un mode de jeu à 4 joueurs original et une réalisation assez soignée alors Gigawing 2 est pour vous. Après, tout est question de finances et de goûts...

Liens vers Guardiana :
Gigawing
Gigawing 2

2 commentaires:

  1. Merci pour cet article qui, cela devient presque pénible, est excellent :)

    J'avoue que ce ne sont pas mes shmups préférés sur DC, et que chez Takumi je préfère la folie de Mars Matrix, mais le côté délire à plusieurs (testé sur GW2) vaut le détour !

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  2. Lol, rassure-toi je n'ai pas fini de te casser les pieds ;)

    En plus si tu aimes Mars Matrix !

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